Viaduc du chemin de fer à Auteuil

VIADUC DU CHEMIN DE FER A AUTEUIL

        «En face du pont de Grenelle, est un petit hameau, une réunion de petits cottages, parmi lesquels celui de Gavarni. C’est le point du jour, où nous nous sommes tant de fois donné rendez-vous, mes amis et moi, aux beaux jours de notre insouciante jeunesse

         «Le Point-du-jour n’a pas d’autre histoire que cette histoire intime. Son nom seul est une anecdote que je veux citer, en l’empruntant à M. A. de Laborde : «Il était trois heures après minuit, le jeu de la reine se ralentissait et n’était plus soutenu que par des paris considérables entre le prince de Dombes, fils du duc de Maine, et le marquis de Coigny. Ce dernier, perdant d’un coup une somme assez forte, s’écria : «Il faut être bâtard pour avoir un tel bonheur.» Le prince se penchant à son oreille, sans discontinuer son jeu, lui dit : «Vous pensez bien que nous allons nous voir tout à l’heure, n’est-ce pas ? – Où et quand ? – Mais sur la route, au point du jour.» Les voitures partent…le jour paraît…on s’arrête….Le prince de Dombes est heureux à ce jeu comme à l’autre ; il tue son adversaire et le lieu où se passa cette scène en a conservé le nom de Point-du-Jour…»

         C’est ainsi que Delvau, dans les Barrières de Paris rappelle l’anecdote qui a fait donner le nom de  Point-du-Jour à ce coin de Paris, dont le viaduc porte également le nom.

        En 1870, comme en 1871, le viaduc du Point-du-Jour fut le lieu de mouillage d’une flottille de canonnières. Pendant le premier siège, elles avaient rendu de très utiles services contre les batteries de Saint-Cloud et de Meudon. «La Commune se garda bien de négliger ce moyen de défense; elle eut ses marins comme elle eut ses soldats. Un ancien forban, qui se faisait appeler Durassier, prit le commandement supérieur de la flottille de la Seine et il ne tint pas au citoyen Latappy de passer pour un ministre de la marine sérieux. Ils n’économisèrent pas les ordres du jour, et, dans une série d’appels, ils étalèrent avec complaisance les avantages qu’ils avaient obtenus de la Commune pour les équipages de la flottille. Mais, en dépit de leurs affiches et de leur réclame, ils ne parvinrent à racoler que quelques chenapans de mer et d’eau douce, tout à fait impropres à un service régulier… » (Paris incendié, p.51)

        Le viaduc du Point-du-Jour a été construit en 1866. Il est à deux voies : une pour les piétons et les voitures ; l’autre pour le chemin de fer, cette dernière sur arcades.

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