La passerelle Debilly

LA PASSERELLE DEBILLY

 

        «Parmi les problèmes si complexes que la direction de l’Exposition de 1900 a eu à résoudre pour assurer la circulation des visiteurs, sans que ceux-ci soient obligés de sortir de l’enceinte générale et d’emprunter les voies publiques, la traversée de la Seine présentait un intérêt tout particulier en raison des nombreux palais qui bordaient ses deux rives depuis le pont Alexandre III jusqu’au pont d’Iéna. Il était nécessaire, en effet, que les visiteurs puissent facilement passer d’une rive à l’autre sans sortir de l’Exposition et sans troubler la circulation si intense des grandes artères qui réunissent la rive gauche à la rive droite.

        «Ce résultat essentiel a été obtenu de façon à satisfaire tous les désidérata, en élargissant le pont d’Iéna et en construisant contre les ponts des Invalides et de l’Alma des passerelles de grande largeur complètement indépendantes de ces ponts, le vieux Paris et le Palais des Armées de terre et de mer par une passerelle conçue de façon à ne pas entraver la navigation, soit pendant la construction de l’ouvrage, soit après sa mise en place définitive.

        «Les projets de ces différentes passerelles ont été dressés par les ingénieurs de la navigation de la Seine : M. Lion, ingénieur en chef, et M. Alby, ingénieur des ponts et chaussées, sous la direction de M. J. Résal, ingénieur en  chef des ponts et chaussées, chargé de la direction du contrôle des constructions métalliques et l’exposition.

        «L’exécution de ces travaux, rendu particulièrement difficile par les sujétions que nous venons de signaler, fut f confiée à MM. Daydé et Pillé qui ont, dans cette circonstance, affirmé une fois de plus l’ingéniosité de leurs procédés de fabrication.

        «La passerelle de Passy à une longueur totale de 120 mètres, comprenant une travée centrale de 75 mètres et deux travées de rives de 22 m 50 de longueur. Sa largeur entre garde-corps est de 8 mètres.

        «D’une manière générale, cet ouvrage se compose d’un tablier supporté, dans la travée centrale, par deux arcs de 15 mètres de flèche et de 75 mètres de portée, articulés aux naissances et dont les rotules sont placées à 6 m. 40 en contrebas du dessus du tablier, et, dans les travées de rive, par des demi-arcs s’appuyant  à leur retombée sur les rotules des arcs centraux et à leur sommet sur des traverses faisant corps avec le tablier qui joue ainsi le rôle de tirant.

        «Les arcs de rive constituent donc, avec le concours du tablier, des encorbellements s’équilibrant mutuellement.

        «L’ouvrage est supporté par deux piles en maçonnerie distantes de 73 mètres sur lesquelles sont installées les rotules de retombée des arcs.

        «Le système constitué par les arcs de rive et le tablier est en équilibre instable ; pour assurer sa stabilité, les extrémités des encorbellements sont réunies par des bielles à des massifs de fondation ; ces bielles assurent en même temps l’invariabilité du niveau des extrémités du tablier sous l’action des déformations élastiques : elles sont articulées à leur sommet et à leur pied.»

        Ces renseignements sont puisés dans le journal le génie civil. L’article intitulé Passerelle sur la Seine entre le pont de l’Alma et le pont d’Iéna, est de M. Ch. Dantin. Cet article est accompagné de planches dans le texte et hors texte.

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