Les Estacades

LES ESTACADES

 

       Sur les plans de Paris nous relevons deux Estacade : l’une, à la pointe de l’île Louviers, l’autre à la pointe de l’île Saint Louis.

1° Estacade de l’Ile Louviers

       « En 1730, la ville, dit Jaillot, a fait élargir le canal qui sépare cette île (l’île Louviers) du Mail, et a fait construire une estrade ou digue pour rompre les glaces. Cette estacade est ouverte dans le milieu pour y faire passer les bateaux et les mettre à l’abri. »

       Il convient de rappeler que l’île Louviers, après avoir servi tout d’abord pour le dépôt du foin et du fruit, était devenue, en 1730, un lieu de dépôt pour les bois de chauffage, et c’est pour la conservation de ces chantiers de bois que la Ville de Paris fit établir l’estacade dont parle Jaillot.

       En 1735, la digue fut allongée. On agrandit et on exhaussa l’île.

       L’année suivante, à l’occasion de différents travaux exécutés dans cet endroit de la Seine, l’estacade fut élargie pour la facilité des gens de pied.

       L’existence de l’estacade fut mise à une rude épreuve pendant les inondations de 1740.

       «Le jour de Noël, au matin, toute l’île Louviers fut couverte, à l’exception d’une petite partie plus élevée que le reste de l’île qui est environ à trente toises du corps de garde bâti auprès du pont de Grammont. Mais comme depuis cet endroit jusqu’à la pointe de l’île, du côté de l’estacade, il y a près de douze pieds de pente, les eaux couvrirent, à une hauteur proportionnelle, tout cet espace. J’ai vu une pile de bois éloignée de vingt-trois toises de l’estacade, où l’eau avait monté à la hauteur de huit pieds ; ce qu’on remarquait à des pailles que l’eau avait entraînées et qui s’étaient arrêtées à cette pile : aussi passait-on en bateau par-dessus l’estacade. »  (Les Inondations en France. –La Seine par M. Champion, t. I, p.128.)

       Dans les lettres patentes du 22 avril 1769, concernant un plan d’ensemble pour embellissements de Paris, l’estacade qui, à cette époque, est presque détruite par vétusté, est désigné comme devant être reconstruite « pour servir, suivant sa destination d’alors, à faciliter le commerce qui se fait dans la dite Isle et à garantir des glaces et des inondations les bateaux qui peuvent être placés au-dessous, laquelle estacade sera formée par deux piles de pierre, l’une à la tête de l’île Louviers, l’autre sur le rivage opposé, et les berges seront revêtues de pierres dans l’étendue convenable, et il sera laissé un espace suffisant entre les piles pour le passage d’un bateau de la plus grande dimension. »

       L’île Louviers ayant été rattachée à la terre ferme en 1847, le petit bras de la Seine, qui l’en séparait, fut alors comblé. Le boulevard Morland occupe l’emplacement du petit bras.

 

2° Estacade de l’Ile Saint Louis

       Cette passerelle, qui relie le quai Henri IV au quai de Béthune, date de 1818. Elle a été incendiée en 1833 et en 1843.

       Elle va être reconstruite, en ciment armé. Son escalier, très dangereux, a été supprimé.

       La gravure l’a reproduite sous tous ses aspects : au nombre de ces reproductions, nous citerons tout particulièrement celles qui sont dues à Jongkind, à Martial, à Camille Roqueplan, le père de Nestor.

       Le grand sculpteur BARYE Habitait et mourut non loin de l’estacade de l’île Saint-Louis, dans une maison du quai des Célestins. Il venait souvent s’y promener et contempler le magnifique panorama dont on jouit en cet endroit. Sa statue s’élève sur le terre-plein qui donne accès à l’estacade.

Retour

Be Sociable, Share!
  • Twitter
  • Facebook
  • email
Ce contenu a été publié dans Histoire. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *