le pont neuf 2

 

Le pont Neuf

(2° partie)

1614

La statue d’Henri IV

 La statue de Henri IV fut érigée sur le Pont Neuf en 1614 « par ordre du Roi Louis XIII, pour honorer la mémoire du Roi son père ». Henri IV était représenté la tête ceinte de lauriers, couvert d’une armure, l’écharpe et le collier des ordres sur la poitrine, tenant de la main gauche la bride de son cheval et, de l’autre, son bâton de commandement.

          « Les gens du métier, dit Sauval, tiennent la figure d’Henri IV si accompli, qu’ils la font passer pour un des chefs d’œuvre de Bologne.  .  .  .  .  .

          « Le cheval n’est pas si estimé que la figure; à la vérité, c’est un coursier de Naples, fort noble et bien conditionné, mais peut être que s’il avait moins de flancs, de ventre et d’embonpoint (il était presque le double du cheval actuel), les jambes du roi n’en paraîtraient pas si courtes, et lui-même serait beaucoup mieux proportionné à la taille du prince qu’il porte.

           « Ce gros cheval foule aux pieds les quatre parties du monde, représentées par quatre captifs de bronze, grands comme nature et liés aux quatre angles du piédestal, captifs qu’on peut appeler des squelettes, tant ils sont maigres et décharnés. Aussi ceux qui s’y connaissent soutiennent que s’il y en avait pas du tout, cela vaudrait beaucoup mieux. »

           Neimeitz et G. Brice attribuent à Dugué la statue en bronze de 1614. Mais, d’après Félibien et Sauval, cette statue était l’œuvre de Pierre Tacca, sculpteur italien et élève de Bologne.

           Ajoutons que ces esclaves, ouvrages de Francavilla, de Bordone et de Tremblay, étaient enchaînés sur le socle et avaient des armes antiques à leurs pieds.

           Quelques historiens ont avancé que le cheval avait été fait pour recevoir la statue de Ferdinand, duc de Toscane, et il avait été offert à la mort de ce dernier, par son successeur, Come II, à Marie de Médicis, alors régente de France. C’est inexact. Le cheval avait été fait pour la statue d’Henri IV. Cette erreur provient, sans doute, de ce que le navire qui transporta le cheval et la statue fit naufrage sur les côtes de la Sardaigne et qu’on ne retira tout d’abord que la statue. Ce n’est qu’un an après que le cheval arriva à paris, au mois de mai 1614.

Statue d'Henri IV

           Guillaume Marchand, dont nous avons déjà rappelé le nom, fut chargé de préparer l’emplacement et de construire le piédestal. Nous avons dit qu’à cet effet il avait réuni à la cité l’Île aux Treilles, sur l’emplacement de laquelle fut ouverte la place Dauphine et l’île Buci ou île de la Gourdaine, qui forma le terre-plein et son prolongement en contre bas.

           Certains écrivains avancent que, pour protéger la statue de Henri IV contre les ordures qui s’entassaient sur le terre-plein du Pont Neuf, Richelieu la fit entourer d’une simple barrière de bois, et que ce ne fut qu’en 1662 qu’un particulier, du nom de Dupin, remplaça cette barrière par une grille en fer. Or, une vue de Paris en 1635, vue qui fait partie de la galerie de Versailles et qui a été gravée par Schroeder, nous représente déjà la statue du Roi de bronze entourée d’une grille en fer.

          On lit, d’autre part, dans le Géographe Parisien que la statue de Henri IV sur le Pont Neuf fut, en 1614, le premier monument public de cette espèce qu’on éleva dans Paris. Or il convient de rappeler que , dès 1605, le prévôt des marchands, Mison, avait fait exécuter par Pierre Biard, élève de Michel Ange, une statue équestre de Henri IV, qui était placée au-dessus de la porte principale de l’hôtel de ville, endommagée par un incendie en 1652, cette statue fut détruite en 1792, en même temps que celle élevée sur le terre-plein et par ce même peuple qui, au mois de septembre 1788, « faisait saluer et mettre à genoux les passants devant la statue de Henri IV, qu’il croyait avoir été le meilleur des rois ». Le duc d’Orléans se vit, dit-on, infliger cette génuflexion.

           Le décret qui prescrivit cette destruction porte la date du 14 août 1792. Les deux premiers paragraphes sont ainsi libellés:

           « L’Assemblée nationale, considérant que les principes sacrés de la liberté et de l’égalité ne permettent point de laisser plus longtemps, sous les yeux du peuple français, les monuments élevés à l’orgueil, au préjugé et à la tyrannie;

            « Considérant que le bronze de ces monuments, converti en canons, servira utilement à la défense de la patrie, décrète qu’il y a urgence.  .  .  .  .  .  . »

            La statue de Henri IV fut brisé, mais non fondue, du moins entièrement, comme on le croit généralement. On en a retrouvé dans la Seine quelques fragments qui ont été déposés au musée du Louvre, section de la sculpture de la Renaissance.

1617

           La liste des pendaisons qui eurent lieu sur le Pont Neuf serait trop longue à énumérer et sans aucun intérêt? Nous rappellerons seulement que le corps du maréchal d’Ancre y fut traîné et pendu. Il y resta, dit-on, une demi-heure. Saint-Foix raconte que Richelieu traversant ce jour-là le Pont-Neuf y trouva l’occasion de renier celui à la protection duquel il devait d’avoir été, quoique fort jeune encore, fait évêque de Luçon.

1648

            Le Pont-Neuf fut le théâtre des événements les plus troublés des quatre années de la Fronde. Il fut le centre de l’émeute populaire, dite Journées des Barricades.

 

             C’est sur le Pont-Neuf que l’abbé de Gondi, coadjuteur de l’archevêque de Paris, depuis cardinal de Retz, vint, revêtu de ses habits pontificaux, haranguer le peuple soulevé à la suite de l’enlèvement, sur les ordres de Mazarin, de Pierre Broussel, le patriarche de la Fronde. Il n’obtint l’apaisement qu’à la condition que Broussel serait remis en liberté.

1726

            Chaque année, le matin de la Fête-Dieu, l’Académie de Saint-Luc exposait, sur les tentures du reposoir de la place Dauphine, les nombreux tableaux faits par les artistes qui n’avaient pu être admis au Salon. Chardin, dit-on, y exposa pour la première fois, en 1726.(Né en 1699, cet artiste mourut en 1779)

1739

             Le mariage d’Elisabeth de France avec dom Philippe, Infant d’Espagne, donna lieu à des fêtes nautiques que nous rappelons dans notre notice sur le pont du Carrousel. Nous ajouterons que le clou de cette fête était le Pont-Neuf. « La nuit tout à fait venue, les premières fusées du feu d’artifice s’élancèrent du pont au milieu des acclamations de milliers de spectateurs, qui se pressaient les uns contre les autres, criant, battant des mains au bord du fleuve qui paraissait enflammé, tant s’y reflétaient brillantes les illuminations des quais et les clartés des bateaux couverts de verre de couleur. »

             Un dessin de Blondel nous a transmis une vue du Pont-Neuf décoré pour cette solennité. Il a pour titre: Place et élévation géométrale du temple de l’hymen construit sur l’esplanade qui divise le Pont-Neuf en deux parties et des décorations qui accompagnaient cet édifice, sur lequel était placée la grande Girande qui termina le feu d’artifice, tiré le 29 août 1739 à l’occasion du mariage de Madame Louise Elisabeth de France et de dom Philippe, infant d’Espagne.

1774

              « Sur le soir (23 août 1774), lit-on dans le Journal d’un Bourgeois de Paris, au milieu de la multitude, dont la place Dauphine, toute en feu des fusées et des pétards qu’on y tirait se trouvait remplie, on voit paraître tout d’un coup une grande perche, au bout de laquelle on avait placé un transparent de lumière, portant ces mots: Vive le roi, vivent la Reine et la famille royale! Puis, ensuite, une autre perche au bout de laquelle on voyait une espèce de figure représentant tant bien que mal le chancelier (Maupeou) formée d’un panier à chauffer du linge bourré de paille, et au-dessus duquel on avait mis  une tête, le tout couvert d’une vieille robe de Palais. On entend crier en même temps: Arrêt de la Cour du Parlement qui juge et condamne le sieur de Maupeou, chancelier de France, à être brûlé vif, et ses cendres jetées au vent.. Puis, on met le feu à cette figure, qui bientôt effectivement se trouve réduite en cendre, qu’on disperse ensuite à grands coups de balais. »

Les boutiques du pont Neuf

1776

              Les boutiques du Pont-Neuf, supprimées en 1756, furent rétablies en 1776 sous Louis XVI. Construites dans les demi-lunes, en pierre de taille, elles étaient au nombre de vingt seulement. La location, qui en était de 600 livres chacune, était faite au profit de l’Académie de Saint Luc et le revenu employé à des pensions pour les veuves pauvres de cette Académie. Cette destination donna lieu à une réclamation assez inattendue de la part des gens de pied du Roy, auxquels avaient appartenu, avons nous dit, les premières boutiques élevées sur le Pont Neuf. Ils objectaient que s’ils en avaient été dépossédés en 1756, c’était uniquement parce que la présence des boutiques sur ce pont représentait des inconvénients.

             Les boutiques de 1776 furent supprimées, en partie, en 1807. Mais on les remplaça, en 1843, par des boutiques d’un autre genre, qui disparurent définitivement en 1855.

1787

            Deux années nous séparent encore de la Révolution. Mais les évènements tragiques se succèdent rapidement. Le 1er octobre 1787, Calonne est exécuté, en effigie, par les gens de la basoche. Le 29 août 1788, c’est à dire onze mois après, c’est le tour des ministres Brienne (1) et de Lamoignon, qui, eux aussi, sont brûlés, en effigies, sur la pace Dauphine. Ce même jour, le peuple met le feu au corps de garde établi à droite du terre-plein, derrière la statue d’Henri VI. Ce dernier épisode fait l’objet d’une gravure bien connue, signée de Girardet.

           Le Pont Neuf et la place Thionville (ex Dauphine) vont devenir les foyers les plus ardents de la révolution. C’est de là que partirent les patriotes pour aller chercher le roi à Versailles. C’est là, sur le terre-plein même, que se feront les enrôlements volontaires et que trois canons seront mis en batterie pour annoncer les fêtes ou donner l’alarme. Un tableau de Léon Cogniet nous a conservé le souvenir de cet armement et de la garde nationale partant pour l’armée (septembre1792).

1798

           En 1798, le ministre de l’Intérieur ayant témoigné le désir de faire élever des monuments utiles pour occuper les artistes et les ouvriers, M. Poyet, architecte des bâtiments civils, proposa d’élever sur le terre-plein du Pont Neuf, au lieu et place de la statue de Henri VI, détruire en 1792, un monument colossal, en l’honneur de nos victoires.(2)

           Ce monument, qui était une colonne de 104 mètres de hauteur sur 14 mètres de diamètre, surmontée d’un chapiteau formant observatoire propre aux  études astronomiques et aux expériences physiques, eut l’approbation du conseil des bâtiments civils, du conseil des Ponts et Chaussées et du Conseil des Cinq-Cents qui nomma une commission spéciale. Le rapport de celle-ci fut favorable: mais le projet du sieur Poyet fut néanmoins enterré dans un carton.

1803

            En 1803, on éleva, au milieu de la place Dauphine, une fontaine surmontée du buste du général Desaix, mort à la bataille de Marengo. Elle était du sculpteur Fortier. On la laissa se dégrader.  » Ce monument de Desaix, avec sa statue à demi détruite, ses noms de victoires maintenant illisibles, ses tables de marbre plongeant piteusement dans un réservoir mesquin est la chose la plus triste du monde », lit-on dans le Paris-Guide de 1867. Ce petit monument resta dans c’et état lamentable jusqu’au jour où, pour dégager la Cour d’assises, on décida d’élargir la rue du Harlay. On transporta alors le buste de Desaix au dépôt d’Arcueil, au milieu des souvenirs déchus, des grands hommes qui ont cessé de plaire.

             Mais Riom se souvint de Desaix était né près de cette ville (3) et le buste de la place Dauphine orne aujourd’hui la place principale de cette sous-préfecture.

1809

             A cette époque, le terre-plein est encore libre. Il est envahi par de nombreuses échoppes, d’aspect peu agréable. Elles y restèrent jusqu’au jour (1809) où un limonadier eut l’heureuse idée d’installer sur le terre-plein un café, avec jardin, qui ne disparut qu’en 1818.

 

             A cette occasion, nous rappellerons que le Pont Neuf eut de tous les temps, soit sur le pont lui-même, soit dans son voisinage, des cabarets en renon.

             Au XVIIe siècle, on citait la Magdeleine, du Pont-Neuf; la Petite pucelle, de la place Dauphine. « La veuve Laurent, dans la rue Dauphine, tient un café dit le Caffé des Beaux-Esprits. Là s’assemblent certaines gens qui mettent sur le tapis toute sorte de matières curieuses et spirituelles… Il y en a un autre de semblable chez Poincelet, sur la rive gauche, à la descente du Pont-Neuf. »

1814

              En 1814, à l’occasion de l’entrée de Louis XVIII, à Paris, un comité, à la tête duquel se trouvaient M. le marquis Marbois, président de la Cour des comptes, et M. de Beausset, évêque d’Alais, se forma pour réédifier, sur le terre-plein du Pont-Neuf, la statue de Henri IV, détruite en 1792.

              Son exécution en bronze exigeant plusieurs années, on décida de faire une statue provisoire, en fer et en plâtre. Beugnot, ministre de l’intérieur, en chargea le sculpteur Roguier, qu’on installa dans un atelier, aux menus plaisirs. « Il se procura sur le champ une estampe qui représentait l’ancien monument, ainsi qu’un buste en bronze très ressemblant, il fit une esquisse d’après d’après le petit cheval écorché, et traça les épures en grand sur la muraille pour donner au serrurier les moyens d’établir les armatures en fer. Ces dispositions exigèrent quatre jours. »

              Mr Roguier, aidé des conseils de Houdon, exécuta le travail avec une telle diligence que le 3 mai, « la statue paru aux yeux étonnés des habitants de la capitale ».

              Louis XVIII s’arrêta quelques instants près du lieu où venait d’être relevée la statue Henri IV. Il lut avec émotion cette belle et simple inscription mise sur un piédestal:

Ludovico reduce

Henricus redivivus

               » Le Conservatoire, réuni au pied de la statue, lit on dans une relation contemporaine, faisait entendre l’hymne national consacré à la mémoire et à l’éloge du bon roi. Le peuple et les soldats le répétait en chœur. »

              En 1818, cette statue provisoire, à laquelle on substitua celle que nous voyons aujourd’hui, fut transportée, par ordre du Roi, dans la salle des Maréchaux, au Louvre.

1818

              La statue actuelle, élevée en 1818, est l’œuvre de Lemot, professeur à l’Ecole des Beaux Arts, qui a modelé le char et les victoires de l’arc de triomphe du Carrousel. L’inauguration en fut faite le 25 août. Un arc de triomphe avait été érigé en arrière de la statue. « Il était revêtu du chiffre de Henri et de fleurs de lys espacées. On avait représenté sur les bases quelques scènes de l’histoire du monarque.

              « En face de la statue était le trône du roi et, dans les parties latérales, des estrades où devaient être admises les personnes faisant partie de la cérémonie. » De nombreux objets et médailles furent enfermés dans le corps de la statue. La liste en est curieuse:

              1° Une ampliation sur parchemin du procès-verbal de l’inauguration de la première statue (23 août 1614)

              2° Une liste sur peau de velin des membres du comité qui avaient pris l’initiative du rétablissement de la statue renversée en 1792.

              3° Le procès-verbal dressé le 25 août 1818, à l’occasion de l’inauguration de la statue actuelle.

              Les économies royales de Sully — 2 vol. in-f. reliés, par Simier (aux armes de France)

              La Henriade. — 2 vol. gr. in-8°, sur peau de velin (aux armes de France)

              La vie d’Henri IV, par Périfix. — 1 vol. gr. in8°, papier velin, relier par Simier.

              Le retour de Louis XVIII en France.

              L’entrée du roi à Paris (3 mai 1814)

              La charte constitutionnelle (4 juin 1814).

              La légion d’honneur.

              Le 3 mai 1814 (à l’effigie de Henri IV, avec cette légende: Ludovico reduce, Henricus redivivus)

              La pompe funèbre de Louis XVI et de Marie Antoinette.

              Le mariage du  duc de Berri.

              La paix de mai 1814.

              Le 20 mars 1815. (La France en deuil voilant l’écu de France).

              Le retour du 8 juillet 1815.

              Le 21 janvier 1817.

              La cérémonie prit fin à 5 heures du soir. « La population qui remplissait les boulevards et les quais se partagea entre les Champs Elysées et la place Dauphine, où des distributions de comestibles avaient été préparées. Le vin coulait de douze fontaines et six buffets étaient abondamment approvisionnés.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

              » Le Pont-Neuf offrait particulièrement le tableau le plus animé. Les danses et les chants s’y succédèrent devant l’image de Henri IV, qui semblait, dit un de nos journalistes, sourire à des plaisirs que son peuple lui devait encore, et qui n’étaient peut-être pas l’hommage le moins flatteur pour sa mémoire. »

1820

             En 1820, le Pont-Neuf fut l’objet, sous la direction de m. Lamandé, ingénieur en chef des ponts et chaussées, d’importants travaux de restauration et d’amélioration, qui se continuèrent en 1836 et de 1848 à 1855. Au cours de cette dernière réfection, qui ne coûta pas moins de 2 120 000 francs, les pentes furent adoucies, les arches baissées, la chaussée refaite et le pavé remplacé par du macadam. Les cariatides de la corniche furent également refaites d’après celles qui avaient le moins souffert. Faisant allusion à ces travaux, Guilhermy, dans son Itinéraire archéologique de Paris(p.374.) s’exprime ainsi: ‘L’architecture de ce grand et bel ouvrage a été modifiée tout récemment d’une manière fâcheuse: on a cru devoir abaisser le tablier aux dépens des proportions de l’ensemble et de nouvelles arches ont été construites en contre bas des anciennes. Il a fallu aussi reprendre toute la corniche. Des artistes habiles ont du moins reproduit les nombreux masques de fauves et de satyres qui soutenaient la corniche ancienne. Les originaux les mieux conservés sont maintenant déposés dans la salle des Thermes, au musée de Cluny, comme des modèles intéressants de sculpture grotesque. »

1843

              En 1843, le Pont-Neuf s’enlaidit  » d’une boutique modèle, aux pilastres de plâtre, au toit de zinc, qui s’élevait avec aplomb au milieu de tous les marabouts, rococos, ses frères aînés.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

              « Qu’on rase ces citadelles de marchands d’allumettes, de galettes, de fritures et de vieux habits neufs, ajoute M. Meynadier dans Paris sous le point de vue pittoresque et monumental, et qu’on essaie d’y planter des touffes d’arbustes verts (4). L’effet sera nouveau sans être contraire à la gravité monumentale et on aura un point de vue plus agréable. »

              Elles furent supprimées en 1852, dans la partie nord tout d’abord. Puis, une restauration complète du pont, faite en 1855, fit disparaitre les boutiques de la partie sud. C’est de cette époque que datent les baies circulaires et bancs en pierre actuels.

              De nos jours; le Pont-Nef, débarrassé de ses boutiques et de ses charlatans, ne se distingue plus des autres ponts de Paris. On ne s’y arrête plus et on peut le traverser sans crainte à toutes les heures du jour et de la nuit.

              Tout récemment, le monde des artistes était en émoi; les maisons de la place Dauphine, disait-on, allaient être démolies. C’était un faux bruit. Ces maisons, auxquelles se rattachent de si précieux souvenirs, ont été, au contraire, complètement remises à neuf.

 

 

1 – Le jugement de M. de Brienne fut présidé par un nommé Raphaël Carle, orfèvre de la place Dauphine, qui joua par la suite un rôle assez important dans les mouvements révolutionnaires de ce quartier. Il devint commandant du « bataillon de Henri VI », recruté exclusivement parmi les habitants de la place Dauphine et composé surtout d’orfèvres. Raphaël Carle fut exécuté le 10 août 1792. Sa tête mise au bout d’une pique promenée sur le Pont Neuf et sur la place Dauphine.

2 – L’architecte Poyet est l’auteur du péristyle qui s’élève en avant de la façade de la Chambre des députés. Ce péristyle date de 1807. (la chambre des députés de 1796)

3 – Au château d’Ayat, en 1768

4 – Ainsi que le comportait les projets primitif de 1598.

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