Le pont Notre Dame 1

LE PONT NOTRE DAME

(1 partie)

 

            « Ceste porte (la porte Qaint Merry) aloit tout droit sans tourner à la rivière, au lieu que len dit les planches de mi bray; et la avoit un pont de fust qui s’adressoit droit à Saint Denis de la chartre, et de la tout droit parmi la cité s’adressoit à l’autre ont que l’on dit le Petit Pont. Et estoit ce lieu-dit, à proprement parler les planches de mi-bras, car cestoit la moitié du bras de Saine, et qui auroit une corde et la menast de la porte de Saint Martin jusques à la rivière et par la rivière à la jugerie droit au petit pont de pierre abatu, et de là à la porte Saint Jacques, elle yroit droit comme une luigne, sans tourner ne ça ne là » (Raoul de Presles.)

          Ce pont des planches de mibrai, qui, avec les rues de la lanterne, de la Juiverie, le marché Palu et le Petit Pont, mettait en communication la rive droite avec la rive gauche de la Seine, se trouvait un peu au sessus de l’endroit où fut bâti le pont Notre Dame. Il était en bois.

La planche mibray

Tel nom portoit pour la vague et le bray

Jetté sur Seine en une creuse tranche

Entre le pont, que l’on passait à planche

Et on l’ôtait pour être en seureté.

 Détérioré en partie, par les inondations de 1280,

L’an M.C.C. et III vin.

Rompirent li pont de Paris

Pour Sainne qui crut à outrage

Et fist en maint leu grand domage.

(Félibien)

 

et par celles de 1325, ce pont fut complètement emporté par les inondations de 1406.

          « Les habitants, dit Monteil, firent une collecte pour le faire rétablir, et ils en déposèrent le produit à l’Hôtel de Ville; malheureusement les Echevins mangèrent le pont. Il fallut plaider, leur faire gorge, et les pauvre Parisiens se passèrent de leur pont central pendant douze ans. En 1413 il fut rebâti en bois. » (Ed Fournier, Paris démoli, Introduction)  

          C’est de cette époque qu’il porte le nom de pont Notre Dame.

          « Et cedit jour (le mercredi 31 mai 1413), fut nommé le Pont de la Planche de Mibrai, le Pont Notre Dame, et le nomma le roy de France Charles, et frappa de la hie sur le premier pieu, et le duc de Guienne, son aisné filz après, et le duc de Berry et de Bourgogne, et le sire de la Trémoullie, et estoit heure de dix heures de jour au matin. » (Journal d’un bourgeois de Paris)

          Les travaux de reconstruction donnèrent lieu tout d’abord à des difficultés de la part des religieux de Saint Magloire, auxquels appartenait une partie de la Seine, en vertu d’un droit de pêche, donné en 1129, par Louis le Gros, a Superiore capite insulae  sanctae Mariae usque ad magnum Parisiorum pontem. Ils consentirent à céder leurs droits « moyennant vingt sols parisis par an de cens de fonds de terre, avec retenue de la justice, tant dessus que dessous ledit pont (acte du 23 décembre 1412). Ces religieux avaient justice et censive dans Paris et, dans cette censive, étaient comprises treize maisons du pont Notre Dame.

          En 1419, le roi « sachant que cet ouvrage occasionnerait des dépenses énormes et très onéreuses aux habitants, parce que la rivière en cet endroit était très profonde et que les égouts y amenaient une grande masse d’eau », abandon fut fait à la ville de Paris d’un tiers des subsides recouvrés dans ses murs.

          « Ce pont n’était que de bois, dit Robert Gaguin, ayant en longueur 70 pas 4 pieds, et, en largeur, 18 pas des deux côtés, sur lequel étaient bâties soixante maisons égales en structure et hauteur….

           » Lorsqu’on s’y promenait, ne voyant pas la rivière, l’on se croyait sur terre et au milieu d’une foire par le grand nombre et variété de marchandises qu’on y voyait étalées. On peut dire que ce pont, par la beauté et la régularité des maisons qui le bordaient, était un des plus beaux ouvrages qu’il y eu en France. Ces maisons étaient en bois, quelques-unes sculptées, peintes de diverses couleurs, et leurs vitraux coloriés, enchâssés dans des fenêtres en ogives, ajoutaient à l’éclat du spectacle. Selon l’usage, des moulins étaient au-dessous, établis sur des bateaux. »

          Ces maisons étaient-elles numérotées? Cela n’est pas douteux. Dans un article paru dans le bulletin XI des Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris, M. E. Bournon (l’auteur de l’article) cite un acte de 1436, passé devant le prévôt de Paris pour terminer une contestation entre la Ville et  l’un des habitants du pont, acte dans lequel on lit ce qui suit:

            » ….Comme procès feust meu en la cour de parlement entre les dictes parties sur ce que le dit Raoulant Tauppe, demandeur en ceste partie, disoit que depuis certain (temps) en çà, il avoit prins et aceusé des prévost des marchans et eschevins qui lors estoient, à rente annuelle et perpétuelle, deux maisons à deux pignons seans sur le Pont Nostre Dame, à Paris, du costé l’aval l’eaue, l’arhe et place d’au-dessous. »

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          Le numérotage des maisons est resté plus de deux siècles à se généraliser. Mais, comme le dit M.A. Franklin,  » par suite de l’attachement des Parisiens à leurs anciennes coutumes, on continua à désigner chaque maison par un nom spécial, emprunté tantôt à sa destination, tantôt au titre, à la qualité ou aux fonctions de son propriétaire, tantôt à une enseigne, parfois même à des données bien autrement vagues. » (estat, noms et nombre de toutes les rue de Paris.)

          Le numérotage actuel des maisons fut mis en vigueur en 1805, à la suite d’un arrêté pris le 4 février de ladite année, par le préfet Frochot, arrêté dont l’article 4 portait: La série des numéros sera formée des nombres pairs pour le côté droit de la rue, et des nombres impairs du côté gauche.

1416

        Des lettres patentes, datées du 13 mai 1416, portent que la grande Boucherie, sise devant le Châtelet, sera « du tout démolie » et abattue jusqu’au ras du sol et que l’écorcherie derrière le Grand Pont sera supprimée.

        Ces mesures de salubrité publique sont mentionnées dans le journal d’un Bourgeois de Paris:

         » Item, le vendredi, XV° jourdu dit moys (de mai), firent lesdit commencer à abattre la grant boucherie de Paris, et le dimenche ensuivant vendirent les bouchers de la dicte boucherie leurs chars sur le pont Notre Dame, moult esbahiz pour les franchises qu’ilz avoient en la boucherie, qui leur furent toute ostées; et sembloit ce dimenche que les (diz) bouchers eussent (eu) quinze jours outrois sepmaines (detemps) à faire leurs estaulx, tant furent bien ordonnez, du vendredi jusqu’au dimenche….(p.73)

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        » Item, la première sepmaine de septembre ensuivant, fist ou deffense aux bouchers que plus ne vendissent leur char sur le pont nostre Dame, et en celle dicte sepmaine commencèrent à vendre en la halle de Beauvays, à petit pont, à la porte Baudays, et environ XV jours après commencèrent à vendre devant Sainet-Lieufray au trou Pugnais…. (p. 74)

1436

             Paris était alors au pouvoir des Anglais. Quelques courageux citoyens, Michel de Laillier (maître des comptes sour Charles VI), Jean de la Fontaine, Michel Lancrais, Thomas Pigache, Nicolas de Louviers et Jacques de Bergières résolurent de tenter l’entreprise de remettre la ville sous l’autorité légitime du roi Charles VII. Ils y réussirent et c’est sur le pont Notre Dame que Laillier, suivi de autres chefs de la conjuration, vint présenter au connétable un étendard aux armes de France. Le connétable embrassa ce courageux citoyen et s’adressant aux bourgeois qui l’environnaient: « Mes (bons) amys, leur dit-il, le bon roy Charles vous remercie mil. foys, et mou de par luy, de ce que si doulcement vous lui avez rendue sa mestresse cité de son Royaulme, et s’aucun de quelque estat qu’il soit à mesprins par devers monseigneurs le roy, soit absent ou autrement, il lui est tout pardonné. (Journal d’un Bougeois de Paris, p.319)

              Deux jours après, les anglais, pressés par la disette, se trouvaient heureux d’obtenir une capitulation qui leur permettait de se retirer en Normandie.

1440

              Le 13 février 1440, des réparations importantes furent reconnues nécessaires « pour obvier à la démolition et destruction d’icelui pont ». Un arrêt du parlement accorda à la ville, à cet effet, six cents livres à prendre des deniers provenant des moulins qui en dépendaient: et parmi les propriétaires de ces moulins, nous trouvons les chapitres de Notre Dame, de Saint Germain l’Auxerois, de Saint Merry, de Saint Opportune, les communautés de Saint Martin des Champs, du Temple, de Saint Lazare, les Minimes et les chanoines de Vincennes. Ce qui prouve que des concessions, pieuses sans doute, avaient déjà largement porté  atteinte à la propriété exclusive de la ville. (Paris à travers les âges. – la cité p8)

1498

             En 1498, nous relevons une exécution capitale sur le pont Notre Dame.

             La sentence fut rendue contre Robert de l’église, artilleur, qui avait, avec deux valets ses complices, assommé sa mère à coups de pilon de fer.  » C’est assavoir le d. Robert, comme parricide, a este trayné sur une claye depuis les prisons de lad. Conciergerie, jusques sur le pont Notre Dame, devant la maison en laquelle demourait sad. feue mère, et illec avoir le poing dextre coupé à l’aide du pétail (pilon) duquel il avait assommé sa mère. Et seront lesd. poing et pétail pendus à la principale goutière de lad.maison (1). »

1499-1507

              Le pont Notre Dame fut emporté par un débordement extraordinaire de la Seine, le 25 octobre 1499.

Corpora mersa latent

Et piscibus esca manebunt:

Crispini festum discent

Insigne nepotes

Tam tristi clade quam

Maesta Lutetia plorat

(Robert Gaguin)

 

               Quatre ou cinq personnes périrent dans cet accident, qui donna lieu à une enquête judiciaire. « Aussitôt on mit en prison non seulement le prévôt des Marchands et Echevins, mais encore ceux de l’année précédente, avec le procureur du roi, le greffier et les deux receveurs de la ville. A la place de ceux qui étaient en charge, on commit cinq autres personnes, et, par arrêt du 9 janvier, les échevins nouvellement élus furent démis pour cette fois-là seulement; les autres pour toujours, aussi bien que le Prévost des Marchands, qui, de plus, fut condamné à mille livres parisis d’amende, et les deux anciens ou premiers échevins à quatre cents livres chacun. Pour ce qui est de ceux de l’année auparavant, la Cour les condamna aux dommages et intérêts prétendus par les habitants du pont et des environs, dont elle se réserva la taxe; mais tous ensemble à rendre ce qu’ils avaient reçu lorsqu’ils étaient en charge et à garder prison jusqu’à ce qu’ils eussent satisfait à leur arrêt. Sur l’amende du Prévost des Marchands, on ordonna qu’il serait pris cent livres parisis pour être employés à faire dire un service solennel dans l’église de Paris, et autres œuvres pies, pour le repos des âmes des quatre à cinq personnes qui étaient péries avec le pont. Le Prévost des marchands et les anciens Echevins n’ayant pas assez de bien pour satisfaire l’arrêt; achevèrent leur vie dans la prison, à ce qu’on dit et y languirent le reste de leurs jours! » (Sauval)

                Après la chute du pont Notre Dame, un bac fut établi devant l’hôtel Bourbon, pour faciliter aux charrettes le passage de la rivière. Mais « on peut croire que ce bac n’eut qu’une existence provisoire, puisque, s’il n’avait pas été supprimé, Henri II n’aurait point eu à ordonner, le 9 septembre 1550, qu’on en disposât un au  même endroit, pour tenir lieu du pont que les habitants l’avaient prié de faire bâtir » (Topographie historique du vieux Paris, P 32°

                La reconstruction du pont Notre Dame fut une grosse affaire. On advisa tout d’abord ‘quelque bon moyen de trouver argent (2) »

               « Un des projets consistait à requérir au Roy touchant l’ayde d’entrée de ville, que on recueille par les chaussées et aux portes, c’est assavoir quatre deniers parisis pour chairette, que prévillégiez et non prévillégiez paient. » (Assemblée du 29 novembre 1499)

                Une autre proposition fut faite en ces termes:  » Demander au Roy, ayde et singulièrement l’ayde de douze deniers pour livre sur le pié fourché et poisson de mer, pour cinq ans ou autre temps qu’il plaira aud. Sr et au cas que icelluy Sr ne la vouldra donner, que on luy supplye que son plaisir soyt permettre aux habitans de lad. ville prendre et lever six deniers pour livre sur tout le dict pié fourché et poisson de mer vendu oultre lesd. douze deniers, pour estre levé par les fermiers ou commis de lad. ville jusques à certain temps; et la plupart ont esté de cette opinion. »

               Ce fut ce dernier avis qui l’emporta « pour refaire et constituer un autre (pont) en mesme lieu et endroit….. et afin qu’il soit de meilleure seureté et durée, et de plus grant décoration à lad.ville comme capitale…. qui sera de grand et merveilleux coust ». (lettre du 19 décembre)

               Au dire de Félibien, les marchands de poissons de mer « voulurent s’opposer à la levée de cet octroi; mais, ajpute t-il, par arrêt du parlement du 15 janvier, ils furent déboutéz de leur opposition », en sorte que « la ville fut en estat de refaire le pont Notre Dame, beaucoup plus solide et plus beau qu’il n’estoit auparavant ».

               En même temps qu’on discutait les moyens de trouver de l’argent, on ouvrit un concours pour « faire un pourtraict » du pont projeté.

               Les maîtres ouvriers les plus habiles de France et de l’étranger furent appelés à donner leur avis. D’autre part, une commission composée de Colinet de la Chesnaye,  marchand et bourgeois de Paris, et de Gaulthier Hubert, maître charpentier, assistés de Jean de Dayat, ancien gouverneur de l’Auvergne; Didier de Felin, Colin Biart, André de Saint Martin, Jean d’Escullaint, religieux, auxquels on adjoignit le dominicain Fra Giovanni Giocondo, né à Vérone en 1435.

               C’est à tort que l’on considère ce dernier comme étant l’unique auteur des plans du pont Notre Dame. Ils ont été établis sous la direction de la commission dont nous venons de parler. M. Le Roux de Lincy a publié à ce sujet une étude très documentée, qui a paru dans la 2° série du tome II de la bibliothèque de l’Ecole des Chartres (p.38 et 40)

               Sur l’avis des mariniers et des maîtres des ponts, l’on décida que le nouveau pont aurait six arches, et que l’arche marinière serait établie du côté de la cité, à quatorze toises et demi de l’église Saint Denys de la chartre. « La figure ou portraict » en fut commandé, dans ces conditions, à Gauthier des Campes, maître peintre.

               On discuta longtemps pour savoir si les fondations seraient assises sur le sol même ou sur pilotis: le second procédé plus usité l’emporta.(Paris à travers les âges. – La Cité p 11)

               On trouvera dans Sauval des renseignements très détaillés, d’ordre tout à fait technique, sur les travaux des fondations du pont Notre Dame.

               Ce fut Guillaume de Poitiers, seigneur de Clérieu, gouverneur de Paris, qui en posa la première pierre le 28 mars « que l’on comptait encore 1499, selon l’ancien calcul ». il fut achevé « au bruit des trompettes, des clairons et des acclamations du peuple », le 10 juillet 1507, ainsi que le relatait l’inscription suivante:

                » Soit mémoire, que samedy, dixième jour de juillet mil cinq cent et sept, environ sept heures du soir, par noble homme Dreux Raguier, escuyer, seigneur de Thionville, Prévost des marchands et sire Jean Lelièvre, maître Pierre Paulmier, Nicole Séguier et sire Hugues de Neufville, Eschevins de la ville de Paris, fut assise la dernière pierre de la sixième arche du pont Notre Dame de Paris, et à ce étoit présent grande quantité de peuple de la dite ville, par lequel, pour la joie du parachèvement de si grande et magnifique œuvre, fut crié Noël et grande joie demenée, avecques trompettes et clairons qui sonnèrent par longue espace de temps. »

               Ce pont était composé de six arches, avons-nous dit, « y compris celle qui avait été pratiquée sous le quai de Gesvres, et qui formait la tête d’un canal souterrain connu sous le nom de cagnards et qui a été supprimé en 1860, lors de la construction du pont au Change, en aval duquel il débouchait.

               « La première arche (en partant de la rive gauche) avait une largeur de 15m.65, et celle des quatre autres variait de 17m.20 à 17m.25. La troisième et la quatrième étaient obstruées par les roues de la pompe Notre Dame; la cinquième était barrée par un déversoir allant de la dernière pile au mur du quai, de sorte que, sur ces cinq arches, il n’y en avait réellement que deux tout à fait libres pour l’écoulement des eaux et le passage des bateaux. Aussi la chute de l’amont à l’aval de ce pont était-elle de 0 m.30 à 0 m.40 à l’étiage. »

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                « La largeur du pont Notre Dame était de 23m.39 au milieu de laquelle on avait réservé une voie de 6m. 50, entre deux rangs de maisons bâties  sur les têtes. » (Notice historique sur les ponts de Paris, par Feline Romany p6,7)

                 Ces maisons étaient au nombre de 68 (34 de chaque côté) toutes uniformément bâties en briques et en pierre  » et toutes marquées de lettres d’or sur fons rouge, par nombre entresuyvant depuis la premières jusques à la dernière ». Elles étaient moins élevées que celles des autres ponts de Paris. « Elles n’avaient, du côté de la rue, que deux étages au dessus de l’ouvroir ou boutique et un grenier dans le comble en pignon, surmonté d’épis historiés. Du côté de la rivière, avec le cellier en sous-sol, cela faisait quatre étages apparents sous le comble. » ( Paris à travers les âges – La cité, p 12),              

                 Corrozet, Philippe de Vigneul, Sauval, Thomas Coryate, parlent de la rue du pont Notre Dame avec admiration.

                 » La rue qu’on appelle la rue Nostre-Dame est fort belle, je l’ai déjà dit. Elle est très longue, mais non aussi large que notre cheapside à Londres. Ses maisons complètement uniformes; elles sont construites sur un même plan et avec les mêmes matériaux. Il en résulte qu’aucune rue dans Paris ne présente un plus bel aspect. »

                Pour compléter notre description de la rue du pont Notre Dame, nous rappellerons qu’au milieu du pont on voyait la statue de la sainte Vierge et de Saint Denis.

                Il y a, en ses quatre coins, dit Cholet, des petites tours près desquelles sont élevées en pierre, des images de la sainte Vierge et au-dessous, les armes de paris. »

                Le Musée des Monuments Français possédait, en 1806, une niche en pierre, ornée d’arabesques, exécutée en 1507, sur les dessins de Jean Joconde. Ce monument, ajoute Lenoir, formait l’angle du pont Notre Dame, du côté de l’église Saint Denis de la Chartre. (Description du Musée des Monuments Français p 140)

                La reconstruction du pont Notre Dame eut pour conséquence un nouveau relèvement du sol de la cité. Toutes les rues qui menaient de ce pont au petit pont furent rehaussées de dix pieds, dit Sauval, conformément à un arrêt du parlement, en date du 23 juillet 1507. Si l’on en croit les principaux historiens de Paris, c’est alors que disparurent les treize marches qui se trouvaient devant Notre Dame.

 

vue du pont Notre Dame

1 – L’extrait du registre du Parlement concernant cette exécution a été publiée dans les Mémoires de l’Histoire de Paris.

2 – Les renseignements qui suivent sont tirés de l’Histoire des droits d’entrée et d’octroi à Paris, par MM. De Saint Julien et Bienaymé – Dupont, Paris 1887.

Suite…..

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